Alors que ces dernières années nous ont prouvé que l'heure est à la comédie musicale, c'est une légende du cinéma qui porte prétexte à son remake façon High School Musical à tendance Sexy Dance. Une belle excuse pour nous livrer un film au doux nom de Fame, un remix dont on ne saurait quoi penser avant de le regarder. Alors, mise à jour de la version 80's ou bien refonte in the mix stylé clip de Sean Paul sur fond de break dance de rue avec furie ?
Un groupe de jeunes gens entame sa première année de lycée à la prestigieuse école PA (pour Performing Arts) de New York. Nous allons suivre leur évolution dans le microcosme qui les préparera au monde des paillettes au travers des parcours du combattant aussi individuels que collectifs qu'il vont devoir parcourir.
Ce qu'il faut d'abord concéder à cette nouvelle mouture, c'est son attachement profond à l'idée originale de départ. Dès les premières minutes, on sent que la passion du film réalisé par Alan Parker est bien là. Les gros plans sur les instruments, la cacophonie des orchestres pendant les auditions, les passages par groupe, même 
certains personnages sont là en hommage à Ralph Garcie par exemple ou à la petite Chinoise qui faisait fort impression sur le jury mais n'aura jamais de nom y compris dans la série de 82. La construction est tout aussi fidèle puisqu'elle reprend le découpage d'origine à peu de choses près, n'intervertissant que les personnages de manière à priori aléatoire. Ainsi, Lisa, la danseuse feignante est remplacée par un danseur du nom de Kevin tout aussi faignant. Bruno Martelli se transforme en Latino glandeur sur les bords et Niel Montgomery (Paul McCrane) par un acteur venu du ghetto (avec des problèmes de colère comme Leroy Brown) et dont la mère ne veut pas qu'il devienne artiste. Entre autres... Le visage de l'école est quant à lui toujours aussi vieillissant et respire le bon New York transpirant, décrépi et originalement beau que l'on peut s'imaginer. Certains plans sont même repris tels quels et donnent toujours cette impression de vertige que l'on rencontrait déjà il y a 29 ans.
Là ou le cinéma de Kevin Tancharoen se permet des libertés, c'est lorsqu'il s'agit de s'introduire dans le quotidien des personnages. Si Alan Parker ne faisait que l'effleurer par petites touches, se posant en observateur patient et sélectif, le 
réalisateur de Britney Spears Live from Miami et The Pussycat Dolls Presents: The Search for the Next Doll mets les pieds dans le plat et nous le sert façon Save the Last Dance. Il garde toutefois un œil social sur son temps mais celui ci fait plus cliché qu'autre chose, en passant par la mièvrerie "from the block" notamment. Les histoires d'amour sont quant à elles trop développées pour nous donner l'impression qu'il ne s'agit que d'anecdotes dans un apprentissage de la vie de ces futurs comédiens, danseurs et musiciens. Il nous conforte dans l'idée que Fame - 2009 reste un fourre tout qui sort du lot parce qu'il possède quelques qualités très efficaces. On se croirait franchement dans le spectacle de fin d'année de High School Musical 3 par moments. Ce n'est pas le pire des trois remarquez, mais il se trouve juste qu'ici cela fait déplacé.
C'est d'ailleurs dommage d'avoir mis des clones de Zac Efron (l'idole des Djeuns que l'on retrouvera bientôt dans le remake de Footloose) aux quatre coins d'un film qui prend le temps de s'attarder sur la beauté des moments, la pureté des mouvements de danse mais aussi l'importance de la musique et de tous ses 
différents états et le fait avec un tel brio. On peut dire que les précédentes expériences du réalisateur se ressentent bien là. Ce n'est pas un hasard si certains passages de son bébé sont diablement Cabaret entre autre. Et c'est d'autant plus frustrant de ce dire qu'avec des atouts esthétiques aussi forts, il en soit venu à dériver dans le mièvre avec des seaux d'eau de rose et de trop bons sentiments. La phase de déconvenue des jeunes artistes est par exemple trop franche, trop marquée et ne correspond pas forcément à des moments de la vie qu'il faut retenir dans leur ensemble quand on dirige une symphonie de personnages telle que celle de Fame.

Pour les aficionados, sachez que la reprise de Hot Lunch Jam est très rap, assez pour ne pas reconnaitre l'original qui y a disparu. Toutefois ce passage est agréable et plein de vie ce qui correspond a l'esprit initial, notamment avec l'homme claquette qui nous donne un spectacle très convaincant. Out here on my own chanté originellement par Irene Cara est repris à la Alicia Keys ce qui va très bien au timbre du piano qui l'accompagne et rend l'expérience assez émouvante, mais pas assez pour oublier son aînée.
Au final, un film très vivant et parfois très beau qui se repose un peu trop sur le politiquement correct et le jeu des tiroirs à ingrédients hollywoodiens. On perd de ce fait beaucoup d'intensité et de saveur, tout en essayant de coller à un modèle qui était construit de manière à se sentir enrobé dans une symphonie en cours d'écriture. Ici les notes sont parfois trop fades pour laisser le souvenir d'une voix qui passe ou d'un regard qui brille. Il aurait fallu en somme plus de charisme, moins de glam et un doigt d'équilibre à l'ensemble. Mais si vous aimez la danse il y a de très bons moments et on ressort quoi qu'il en soit enjoué faute d'être ensorcelés. Une bonne comédie... très musicale qui devrait bien marcher.
knackimax []

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