Il est des destins aussi phénoménaux que maudits dans la lignée quasi éteinte des rois du monde. C'est une de ces périodes de l'histoire que se propose de nous raconter Bernardo Bertolucci dans cette fresque de plus de deux heures livrée aux petites salles sombres en 1987. Ce film marquant et très instructif d'une période lointaine et peu éclairée fera les beaux jours du réalisateur en tout cas. Il se permettra d'enchaîner avec Little Buddha quelques années plus tard, apparemment particulièrement sensible à la vie volée des puissants de cet ancien monde enfermés dans leurs tours d'argent et d'or.
Un beau jour de 1908, Pu Yi se voit arraché à sa mère pour rejoindre ce qui sera sa nouvelle maison, une cité interdite rouge et jaune alors déjà symbole de la chute impérialiste et de la montée du communisme. Jeune enfant rieur et impétueux, il se transforme petit à petit en empereur fantoche puis en un jeune homme qui commence à se rendre compte de son emprisonnement dans un système dont il n'est que le jouet. Après de nombreux déboires politiques suivis de sa nouvelle nomination en tant qu'empereur de Manchukuo (ex-Manchourie), son alliance avec les Japonais le fait devenir traître de la république populaire de Chine aux yeux de son ancien peuple. Il se retrouve donc dans un camp de réhabilitation qui le délivrera de tous ses complexes de supériorité et d'infériorité lesquels ont eu le temps de bien se mélanger. Il finira sa vie jardinier de la ville de Pékin.
Si l'histoire est exemplaire et représente plus de soixante ans d'histoire de la Chine, le traitement choisi par le réalisateur italien n'en est pas moins intéressant. Outre l'utilisation connue du flashback multiple parallèle à l'interrogation de prisonnier, les différents tableaux que les diverses périodes parcourues par la caméra représentent sont peints d'une main particulièrement experte. Alors que la solitude et le dénuement se juxtaposent au développement d'un enfant roi de ses désirs, le rouge de la cité impériale pose des couleurs ternes et des touffes d'herbes parcourent les pavés d'un monde abandonné. Puis vient le temps de l'opulence démesurée et moderne de la fin des années folles dans les milieux expatriés de la Chine moderne. Et enfin le dépouillement des prisons populaires et des vestiges d'un passé militaire douteux et difficile. Toutes ces belles images servent un propos intense et définitivement inconnu pour la plupart du monde qui peuple les salles de cinéma et les aires d'autoroute. Il en ressort une définition bien réaliste d'un passé tumultueux et les information se bousculent au milieu des sentiments refoulés et des désirs d'un enfant éduqué par les intrigues et les doutes.
A ce niveau les acteurs s'en sortent d'ailleurs à merveille. Entre un John Lone à la fois inexpressif et blessé qui ne communique ses émotions qu'avec de grands yeux glacés et un Peter O'Toole intense et impérial qui délivre une sagesse sans âge à travers de petits gestes et regards foudroyants de bon sens et de compréhension, il ne manque pas grand chose de talentueux. Joan Chen que l'on retrouvera dans Twin Peaks quelques temps plus tard en riche héritière aux abois, est ici d'une présence incroyable. On la regarde évoluer comme dans un songe sous les traits d'une impératrice remplie d'une âme trop importante pour être contenue dans un corps si exigu. On arrive facilement à aimer toutes ces personnalités réunies par les acteurs et ajustées par le réalisateur prouvant de l'efficacité de la direction de ces avant derniers par ce dernier. La couleur qui manque ainsi à l'image se détermine dans les actions de ces symboles qui cachent leurs émotions de leur mieux dans un corps qui ne leur appartient plus.
Là ou l'on apprécie encore plus Le dernier empereur c'est lorsque l'on s'aperçoit que la fresque ne semble pas être un effort narratif ou graphique de chaque instant. Il semble presque couler dans l'air comme un air de fatalisme qui pose une ambiance calme et détachée malgré de nombreux éléments historiques et autant de sentiments qui se contredisent. Et c'est lorsque l'histoire n'est plus que celle des hommes que l'on se laisse bercer par ses méandres. Le tout en est du coup légèrement longuet mais rarement ennuyeux laissant à ceux qui savent le droit de savoir et ceux qui regardent l'envie de voir plus. Au final un très bon mix probablement teinté d'un peu trop de bons sentiments mais qui semble d'une honnêteté admirable. Un bon biopic pour éviter la version abrégée du livre dont le film est tiré. Parfait avec un bon feu de bois et des idées plein la tête. Mention spéciale pour la bande originale qui rappelle les meilleures compositions du cinéma asiatique.
knackimax []

Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
Waltz T.2
Séverin - Séverin
La critique de Margin Call
7 Dragons
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
Expendables 2 : le trailer est imminent !
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Les Bee Gees en deuil
Sorties d'album : Semaine du 21 mai 2012
Jazzanova - Funkhaus Studio Sessions
La kitscherie du vendredi #3 : Maximum overdrive
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
Qui a gagné The Voice 2012 ?
Récapitulatif du 07/05 au 13/05 - La semaine Krinein
Catch - Nouvelles têtes à la WWE et à la TNA !
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Tranche-Trognes
Poker - Tome 3 - Viva Las Vegas
Buck Danny - intégrale 5
Gringos Locos - Tome 1
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Shin Chan (S2) T.20
Enigma T.2
Broken Blade T.10
Bleach T.48
Tetsuya Tsutsui sera en France lors de Japan Expo (et même plus) !
Bleach T.47
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Diablo III est disponible !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






